17.04.2008

Monologue

 

Introduire un monologue de retour sur soi-même.

 

Deux amies dans un café. Elles discutent de tout et de rien, comme d'habitude. Les sujets différents se suivent et durent plus ou moins longtemps... Respect complet quand l'autre parle, silence et attention, mais s'il y a quelque chose à dire, il n'est pas question de s'en empêcher. Celle qui parle ne monopolise pas la parole et se laisse interrompre facilement.

1- Tiens, hier soir je suis tombée sur un reportage sur les ados et les jeunes à problèmes qui ont du mal à sortir d'eux-mêmes tout ça, qui ont du mal à parler de ce qui va pas pour eux, que ce soit à leurs parents ou leurs amis... Alors bien sûr ils disaient que les consultations chez le psy ça pouvait aider...

2- Ouais, si tu peux te les payer... Parce que si t'as pas une pathologie reconnue, que c'est juste parce que tu te sens pas bien... Ben paie ton psy!!

1- C'est clair ouais! Et donc après, ils ont parlé des bienfaits de l'écriture, genre un journal intime... Moi je me souviens quand j'étais plus jeune, j'en ai commencé quinze mille, et pour écrire quoi, que j'étais amoureuse d'untel, que ma mère m'énervait parce qu'elle voulait pas que j'aille à telle ou telle soirée, qu'elle me comprenait pas...

2- Ouais les misères de pré-ado, genre la vie c'est trop dur, j'en peux plus...

1- Faut qu'on m'explique à quoi ça peut servir de raconter ta vie à un bout de papier. Bon d'accord, au moins tu décharges, et ça c'est clair que ca fait du bien, mais c'est pas ton journal intime caché sous ton oreiller qui va t'aider à trouver les solutiuons à tes problèmes. Ma vie à moi, j'ai pas envie d'en parler, même pas à un bout de papier, parce que même lui, il se foutrait de ma gueule. Et puis si c'est pour relire le truc un peu plus tard, me dire « Mais ma pauvre, t'étais bien conne », et du coup déprimer à nouveau, je vois pas tellement l'intêret. Ma vie, je sais bien qu'elle est pas aussi pourrie que ce que je peux penser, je sais bien qu'il y a pire et tout et tout, mais je sais aussi qu'y'a des gens beaucoup plus heureux, pour qui tout est beaucoup plus simple, plus naturel, et c'est ça qui m'énerve. Je sais bien que le monde est pas juste, qu'il faut s'y faire, je sais bien, mais quand je pense à la manière tellement galérienne avec laquelle je mène ma vie... Pfff... Je sais bien qu'y'a des gens qui crèvent de faim, de froid, de maladies, des pauvres gens qui se font tuer par d'autres à coup de bombes, alors oui, je sais bien que j'ai de la chance d'être ce que je suis, là où je suis. Mais je sais aussi qu'y'a des gens blindés, heureux, qui manquent de rien, que ce soit matériel ou dans leur tête... Et moi j'suis entre les deux, et j'me plainds. J'me plainds parce que je sais pas ce que je suis, je sais pas où je vais, je sais même pas où j'ai envie d'aller... J'voudrais juste pas rater ma vie. J'ai pas la prétention de vouloir la réussir, je sais bien que j'en suis pas capable. J'voudrais juste pas tout rater. Alors j'me dis que j'ai quand même la chance de pas être totalement conne, d'avoir un cerveau en tout cas, je fais des études, j'avance dans mon parcours, mais je sais pas bien ce que ça pourra donner par la suite. J'me dis aussi que je dois pas petre si désagréable que ça, j'ai des amis, j'ai l'impression qu'y'a des gens qui m'apprécient, un peu... Mais je sais pas bien pour quelle(s) raison(s). je sais pas si je suis une amie moi... Qu'est-ce que je peux bien apporter à ces gens alors que je suis pas foutue de m'apporter quelque chose à moi-même. J'me dis aussi que je suis pas affreuse, pas si moche que ça... Parce que oui, même si « on » dit que c'est pas important, ben si, ça compte, au moins un peu. J'me dis qu'y'a pire que moi, mais dès que je regarder mes voisines; je vois bien qu'elle sont belles, elles, Et moi je suis juste ps affreuse...quoi que... J'arrive pas à me trouver de qualités. Je trouve juste des « non-défauts ». Et c'est pas si mal que ça finalement... Je suis pas particulièrement douée pour quoi que ce soit, je me démerde juste comme je peux. Mais il y a aussi toutes ces fois où je ne peux pas. Toutes ces fois où je suis plus faible, plus nulle que les autres. Toutes ces conneries que je fais en sachant que c'est des conneries. Je sais pas bien ce qu'il faudrait que je fasse pour être celle que je voudrais être. En y réflechissant, je sais peut-être même pas bien ce que je voudrais être... On me dit parfois que je suis drôle, jolie, intelligente. Si je les écoutais ces gens, je pourrais finir par croire que je suis peut-être quelqu'un de pas trop mal... Mais je n'écoute que moi...

Je dis que je n'aime pas parler de moi, et là je blablatte... Il vaut peut-être mieux que je ne me relise pas...

Commentaires

Quand tu l'as lu en cours moi j'avais adoré. C'est peut-être aussi la manière dont tu l'as lu. Je suis certaine que pas mal de gens dans la classe se sont reconnus dans ton texte, y avait un espèce de silence, parce que y avait rien à en redire, parce que t'avais tout dit...

Ecrit par : Julia | 18.04.2008

Boooon ça ne va pas tu postes plus rien !!
Alors moi, en tant qu'amie de galère (et puis amie tout court), je te demande de poster d'autres textes.

PS : L'amour est un stimulant.

==je sors==>

Ecrit par : Julia | 08.05.2008

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