06.07.2008

Tout est relatif

Hypothétiquement, l'hypothétique hypothèse d'une possibilité possiblement possible est... certaine.

Adnil

 

Hier soir

Il était trop tard pour lui dire bonne nuit,

Alors je l'ai réveillé...

Adnil

 

09.05.2008

oh

Jvoudrais qu'on m'statufie,

Oui, mais en chocolat...

Qu'on me magnifie,

Des pépites sur les doigts...

 Adnil

17.04.2008

Monologue

 

Introduire un monologue de retour sur soi-même.

 

Deux amies dans un café. Elles discutent de tout et de rien, comme d'habitude. Les sujets différents se suivent et durent plus ou moins longtemps... Respect complet quand l'autre parle, silence et attention, mais s'il y a quelque chose à dire, il n'est pas question de s'en empêcher. Celle qui parle ne monopolise pas la parole et se laisse interrompre facilement.

1- Tiens, hier soir je suis tombée sur un reportage sur les ados et les jeunes à problèmes qui ont du mal à sortir d'eux-mêmes tout ça, qui ont du mal à parler de ce qui va pas pour eux, que ce soit à leurs parents ou leurs amis... Alors bien sûr ils disaient que les consultations chez le psy ça pouvait aider...

2- Ouais, si tu peux te les payer... Parce que si t'as pas une pathologie reconnue, que c'est juste parce que tu te sens pas bien... Ben paie ton psy!!

1- C'est clair ouais! Et donc après, ils ont parlé des bienfaits de l'écriture, genre un journal intime... Moi je me souviens quand j'étais plus jeune, j'en ai commencé quinze mille, et pour écrire quoi, que j'étais amoureuse d'untel, que ma mère m'énervait parce qu'elle voulait pas que j'aille à telle ou telle soirée, qu'elle me comprenait pas...

2- Ouais les misères de pré-ado, genre la vie c'est trop dur, j'en peux plus...

1- Faut qu'on m'explique à quoi ça peut servir de raconter ta vie à un bout de papier. Bon d'accord, au moins tu décharges, et ça c'est clair que ca fait du bien, mais c'est pas ton journal intime caché sous ton oreiller qui va t'aider à trouver les solutiuons à tes problèmes. Ma vie à moi, j'ai pas envie d'en parler, même pas à un bout de papier, parce que même lui, il se foutrait de ma gueule. Et puis si c'est pour relire le truc un peu plus tard, me dire « Mais ma pauvre, t'étais bien conne », et du coup déprimer à nouveau, je vois pas tellement l'intêret. Ma vie, je sais bien qu'elle est pas aussi pourrie que ce que je peux penser, je sais bien qu'il y a pire et tout et tout, mais je sais aussi qu'y'a des gens beaucoup plus heureux, pour qui tout est beaucoup plus simple, plus naturel, et c'est ça qui m'énerve. Je sais bien que le monde est pas juste, qu'il faut s'y faire, je sais bien, mais quand je pense à la manière tellement galérienne avec laquelle je mène ma vie... Pfff... Je sais bien qu'y'a des gens qui crèvent de faim, de froid, de maladies, des pauvres gens qui se font tuer par d'autres à coup de bombes, alors oui, je sais bien que j'ai de la chance d'être ce que je suis, là où je suis. Mais je sais aussi qu'y'a des gens blindés, heureux, qui manquent de rien, que ce soit matériel ou dans leur tête... Et moi j'suis entre les deux, et j'me plainds. J'me plainds parce que je sais pas ce que je suis, je sais pas où je vais, je sais même pas où j'ai envie d'aller... J'voudrais juste pas rater ma vie. J'ai pas la prétention de vouloir la réussir, je sais bien que j'en suis pas capable. J'voudrais juste pas tout rater. Alors j'me dis que j'ai quand même la chance de pas être totalement conne, d'avoir un cerveau en tout cas, je fais des études, j'avance dans mon parcours, mais je sais pas bien ce que ça pourra donner par la suite. J'me dis aussi que je dois pas petre si désagréable que ça, j'ai des amis, j'ai l'impression qu'y'a des gens qui m'apprécient, un peu... Mais je sais pas bien pour quelle(s) raison(s). je sais pas si je suis une amie moi... Qu'est-ce que je peux bien apporter à ces gens alors que je suis pas foutue de m'apporter quelque chose à moi-même. J'me dis aussi que je suis pas affreuse, pas si moche que ça... Parce que oui, même si « on » dit que c'est pas important, ben si, ça compte, au moins un peu. J'me dis qu'y'a pire que moi, mais dès que je regarder mes voisines; je vois bien qu'elle sont belles, elles, Et moi je suis juste ps affreuse...quoi que... J'arrive pas à me trouver de qualités. Je trouve juste des « non-défauts ». Et c'est pas si mal que ça finalement... Je suis pas particulièrement douée pour quoi que ce soit, je me démerde juste comme je peux. Mais il y a aussi toutes ces fois où je ne peux pas. Toutes ces fois où je suis plus faible, plus nulle que les autres. Toutes ces conneries que je fais en sachant que c'est des conneries. Je sais pas bien ce qu'il faudrait que je fasse pour être celle que je voudrais être. En y réflechissant, je sais peut-être même pas bien ce que je voudrais être... On me dit parfois que je suis drôle, jolie, intelligente. Si je les écoutais ces gens, je pourrais finir par croire que je suis peut-être quelqu'un de pas trop mal... Mais je n'écoute que moi...

Je dis que je n'aime pas parler de moi, et là je blablatte... Il vaut peut-être mieux que je ne me relise pas...

J'aimerai...

Ecrire n'est pas un art donné à tout le monde! Moi, et tant d'autres, en sont la preuve. Ceux qui jettent des mots sur le papier, sans réfléchir, sans y penser, sans se relire, sans apprécier. Je suis de ceux qui pensent écrire mais qui ne racontent rien. J'irai même plus loin, je suis de ceux qui ne savent même pas écrire pour ne rien raconter... Il y a des gens qui disent du rien. Finalement ce n'est peut-être pas un défaut. Au moins ils parlent. Moi quand je n'ai rien à dire, je me tais, ou alors je dis des choses insensées. Il faudrait pouvoir donner du sens à ses paroles, même si le sens c'est le rien. J'en suis incapable. J'écris mal quand j'écris alors je n'écris pas. C'est dommage parce que j'aime ça. Du moins j'aimerai...

Adnil

 

09.02.2008

OOooops

   La soirée a bien commencé...Il faut dire qu'il l'avait bien préparée. Ils sont une petite quinzaine autour d'une grande table, débordante de plats et de bouteilles... Ils ne sont pas encore tous ivres, mais ça ne devrait plus tarder. Ils sont déjà tous bien agités, les voix portent davantage, les gestes sont plus amples et plus maladroits, les yeux sont rougis par le vin qui coule dans les veines... Si l'ambiance n'avait pas été aussi festive, on aurait pu dire la cène. Mais aucune trahison ne sera annoncée ce soir. En tout cas, ce n'est pas pour ça que la soirée a été organisée... C'est juste un moment pour se retrouver entre amis, manger et boire, peut-etre un peu trop, et refaire le monde... Refaire le monde, c'est leur activité préférée quand il sont dans cet état second. L'ivresse leur ouvre les yeux, leur libère l'esprit, ouvre les portes d'un monde autre, où rien n'est sûr, où tout est flou. Flou, c'est comme ça qu'ils voient à présent. Est-ce leurs yeux qui leur font défaut, ou leur tête?... Flou, c'est comme ça qu'ils entendent aussi... Est-ce leurs oreilles qui leur font défaut, ou leur tête?... Les voix des uns se mêlent à celles des autres dans un brouhaha infernal qu'ils ressentent décuplé. On ne peut pas écouter son voisin, il faut le regarder pour l'entendre. Le regarder, mais sans le voir... Lui, au centre de la tablée, l'hôte de ce soir, soupire dans un sourire béat. Le coude gauche sur la table, la tête posée lourdement, retenue par la main, il ferme doucement les yeux. Il lutte déjà depuis quelques instants pour les garder ouverts, mais ses paupières pèsent une tonne. Il n'a plus le choix, ses yeux doivent se fermer... Sa poitrine se gonfle. Il cherche de l'air mais n'en trouve pas. Il fait chaud. Trop chaud. S'il reste là, il va s'effondrer. Il le sait. Il a besoin de sortir, de s'aérer. S'aérer le corps seulement, car son esprit n'est plus réceptif à rien. Il croit entendre son nom. Mais est-ce bien à lui qu'on s'adresse? Ce nom est-il bien le sien? Il ne sait pas. Il ne sait plus. Tout ce qu'il sait, c'est qu'il a besoin de sortir. Il essaie de se lever en s'appuyant sur la table. La pièce tourne autour de lui. Avant d'envisager quelque déplacement, il doit savoir où aller. Il parvient à se stabiliser plus ou moins et entreprend la longue route qui mène à la salle de bain. Il connaît le chemin, heureusement, car il est semé d'embûches. Entre le couloir qui n'a pas de lumière, les escaliers raides et sans rampe, et la poignée de porte qu'il faut manier avec dextérité, il parvient à son but. Il s'arrête enfin face au miroir, au dessus du lavabo. Après s'être passé de l'eau froide sur le visage, il se fixe, les deux mains accrochées sur les rebords en porcelaine blanche du lavabo où l'eau s'écoule encore. Il se regarde, droit dans les yeux. Lui et son reflet sont deux étrangers. D'ailleurs ils ne se ressemblent pas. Il ne se reconnaît pas dans ce miroir, du moins pas ce soir. Il tente de faire le point sur le visage de cet homme qui lui fait face. Tandis que le visage gagne en netteté, ce qu'il y a autour se dissipe en des vagues colorées. Un bleu pâle, celui des murs de la pièce, se fond avec les quelques décorations qui ornent les murs pour donner un flou artistique en totale adéquation avec l'état dans lequel il se trouve. C'est d'ailleurs parce qu'il est dans cet état qu'il perçoit ce lieu, qui lui est pourtant si familier, d'une toute nouvelle manière. Il est Van Gogh face à lui-même. Cet homme, en face, c'est son autoportrait, ivre. S'il avait voulu se peindre, il n'aurait pu faire autre chose qu'une toile impressionniste. La vue déréglée et les mains tremblantes, le trait aurait été imprécis, mais chargé d'émotion, de ce sentiment dubitatif qui l'envahit. Il s'enfonce dans ce flou et semble encore plus chamboulé, par ce qu'il vient de voir, qu'au moment où il est entré dans la pièce. On frappe à la porte, il sursaute et se retourne. Deux de ses amis entrent, le sourire jusqu'aux oreilles. Il leur adresse un semblant de sourire loin d'être convaincant et se retourne face au miroir. Il est là, les yeux rouges, le teint blafard, les cheveux en bataille, il se reconnaît. Celui qui était là, quelques instant plus tôt, n'est plus. Il se passe à nouveau de l'eau sur le visage et se redresse : "J'suis pas bien..."

05.02.2008

Wasting time...

Je ne perds pas mon temps quand je le prends...

25.01.2008

allitération

J'ai tenté d'ôter de ma tête entêtée l'idée de tenter l'intentable. Très tentée mais trop têtue, ma tête a tue cette idée et l'a très tôt tenté...

Adnil

allitération

Tu t'avances, attention au ton que tu t'oses à user. L'insensée n'est pas sotte même si c'est à penser. T'es pas censé l'encenser. Tente juste de la tenter sans intention d'attentat. Si tu veux la tester, teste-la veux-tu...

Adnil

PoLyPhOnIe Du FaIt DiVeRs

Pierre et moi on va souvent boire des bières le vendredi soir après le boulot. C'est notre petit moment privilégié. Sa femme, Amélie, me connait et sait très bien qu'elle n'a rien à craindre de moi. Pierre et moi c'est une histoire d'amitié qui dure depuis toujours, on sait tout l'un de l'autre. Ce soir-là il me racontait qu'avec Amélie ça allait pas trop, qu'il avait l'impression qu'elle le trompait, ou que ça allait pas tarder, qu'en tous cas, il y avait un truc pas clair. On a passé la soirée à chercher ce qui pouvait poser problème et comment il pouvait arranger les choses. Pendant ce temps-là, la bière coulait, coulait, coulait... Il était déjà une heure du mat' quand j'ai regardé l'heure. D'habitude on rentre vers cette heure là. Mais quand on s'est quittés, il était quatre heure. Entre deux et quatre heure, il a pas arrêté de regarder son portable, à attendre qu'elle l'appelle. Elle a pas appelé. J'ai trouvé ça bizarre aussi. Elle savait qu'on était ensemble, d'accord, mais quand même, elle aurait pu s'inquiéter... On est sortis du bar en titubant. Ca faisait vraiment les gens qui viennent boire pour oublier leurs déboires... C'était le cas! Mais on n'avait pas la voiture alors on avait le droit. J'habite un peu avant chez lui, alors on marche toujours ensemble jusqu'à chez moi, puis il continue tout seul. Au moment de se séparer, je lui ai répété qu'il fallait qu'ils discutent. On s'est serré dans les bras, il m'a dit qu'il était content que je sois là pour lui. J'étais inquiète. J'avais trop bu. Lui aussi. Je l'avais jamais vu aussi triste... Je l'ai regardé partir et suis rentrée.

 

Quand y'est rentré à la maison, oh y devait être dans les trois heure et demi, quatre heure, j'sais pas trop, y'a eu une belle surprise. J'm'étais fait toute belle pour fêter nos 15ans de mariage. Quand même c'est important. J'avais préparé le champagne, et pis surtout, j'avais mis une belle tenue bien sexy comme y'aime. J'ai entendu la porte alors j'l'ai appelé. Moi j'étais dans la chambre. J'l'attendais. Quand y m'a rejoint y'avait l'air tout content. On a bu du champagne pis y m'a sauté dessus. On était là dans le lit, entrain de commencer que'que chose, pis la lumière du dehors s'est allumée. On s'est dit qu'c'était p't'être un voisin qui promenait son chien dans l'petit parc qui donne derrière la chambre et que ça avait déclenché la lumière. Bref, on a repris la chose là où on l'avait laissée. D'un coup la fenêtre d'la chambre s'est ouverte. J'ai tourné la tête, et là, qui est-ce que je vois, Pierre, le voisin. V'là qu'y saute sur le lit, un gros bâton dans sa main, pis frappe mon Eric. Y frappait, frappait, frappait... On aurait tout dit qu'y'était possédé. Moi j'criais, j'aurais voulu faire que'que chose mais je savais pas quoi. J'criais, j'voulais qu'y s'arrête! Qu'est-ce qu'Eric avait bien pu lui faire? On n'a jamais rien eu avec eux. La p'tite Amélie elle est gentille comme tout, on les entend jamais s'engueuler, on boit un pot ensembe à l'occasion. Et Pierre qu'est entrain de tabasser mon Eric. Et Eric qui peut rien faire, couché par terre, entrain de se faire tabasser. J'ai attrapé la bouteille qu'était sur le chevet et de toutes mes forces, j'ai frappé ce salaud sur la tête.

 

Une migraine insupportable me martelait le crane. Je savais que Pierre n'allait pas rentrer tout de suite, alors j'ai pris des cachets pour dormir. Je n'en prend qu'occasionnellement, très rarement à vrai dire, mais ce soir là j'en avais vraiment besoin. J'étais plus que contrariée. En réalité, je mentais à Pierre depuis trois semaines. J'avais fait un test de grossesse. Je ne savais absolument pas comment lui annoncer la nouvelle. Et je pense qu'il sentait que quelque chose n'allait pas. Nous n'étions plus aussi proches... Je me suis endormie en me disant qu'il était avec sa meilleure amie et qu'elle aurait certainement de bons conseils à lui donner nous concernant. J'ai été réveillée en sursaut par des cris. Ca venait d'à côté, chez Eric et Sylvianne, le couple un peu hors-norme de la résidence. Avec Pierre, on les avait déjà entendu se disputer, on en avait même rit plusieurs fois, en se disant que peut-être nous finirions par y arriver, mais jamais encore je n'avais entendu ça. J'ai eu l'impression d'entendre des bruits de coups, des bruits sourds. Et elle, elle criait, criait, criait... Je me suis levée immédiatement et ai ouvert la fenêtre. Elle s'ouvre sur un jardin commun qui donne sur les chambres. J'ai vu deux silhouettes en lutte. Je n'ai pas cherché à en voir davantage, je me suis précipitée sur le téléphone et ai appelé la police, signalant une dispute conjuguale violente. Je leur ai donné l'adresse, ils m'ont dit qu'ils arrivaient.

 

Quand on est arrivés sur les lieux avec mes gars, on a trouvé deux hommes au sol. L'un était plus amoché que l'autre. Celui qui était tout nu. L'autre, on aurait dit qu'il dormait. La dame qui vit là était carrément hystérique. Elle criait sans cesse qu'il l'avait tué. Mais il était pas mort son mari. Il était bien arrangé, c'est sûr que l'autre n'y était pas allé de main morte, mais il était toujours vivant. J'ai tout de suite fait appeler l'ambulance parce que c'était vraiment pas beau. La p'tite voisine, une jolie p'tite dame est arrivée ensuite, elle voulait voir sa voisine, savoir comment elle allait. Bien que j'lui dit, elle est juste choquée d'avoir vu son mari se faire laminer... J'lui ai alors expliqué ce qui s'était passé, qu'un homme était entré chez eux et qu'il s'était mis à cogner. Quand les ambulanciers sont sortis avec les deux civières, elle a crié « Pierre!!!? ». Pis elle s'est mis à pleurer sans s'arreter. Sur son visage les larmes coulaient, coulaient, coulaient... J'avoue que sur le coup j'ai pas très bien compris. Finalement après avoir interrogé les proches du fameux Pierre, on en a déduit qu'il s'était pris une murge pis qu'il est venu mettre une raclée a cet homme en pensant que c'était l'amant de sa femme. Il s'est trompé de maison ce fou furieux! A l'heure qu'il est on attend qu'il se réveille pour l'interroger et avoir sa version des faits...